Histoire du Prix Tony Garnier

En 1962, André Gutton et Robert Auzelle, illustres professeurs d’urbanisme à l’Institut d’Urbanisme de l’Université de Paris (IUUP), créaient le Séminaire et Atelier Tony GARNIER (SATG.), post-formation universitaire d’aménagement et d’urbanisme opérationnel, avec les tout jeunes diplômés de l’Institut d’Urbanisme de l’Université et de l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts Architecture .

C’était un atelier-école pluridisciplinaire de réflexion et de proposition sur la révolution urbaine qui était en train d’exploser et ainsi nommé en hommage au célèbre précurseur du XX° siècle, le lyonnais Tony GARNIER, « inventeur » de l’urbanisme de projet et de l’espace urbain idéal, mixte et ouvert.

Le Séminaire et Atelier d’urbanisme Tony GARNIER, rassemblant des urbanistes diplômés de l’IUUP et des architectes diplômés de l’ENSBA, était une formation professionnalisante en urbanisme opérationnel, contractualisée avec des grands maîtres d’ouvrage publics qui déléguaient des études urbaines sur des sujets d’actualité et de prospective complémentaires de leurs propres recherches.

D’une durée de deux ans et accueillant 30 jeunes professionnels par promotion, il préfigurait les DESS d’aménagement et d’urbanisme des Instituts universitaires et les futurs Master 2 professionnels qui n’existaient pas encore dans les années 60 -70.

Dès la fin des années 1970, l’association des anciens élèves de l’Atelier Tony GARNIER créait, à sa dissolution, la fondation Prix d’Urbanisme Tony GARNIER, commémorant cette double mémoire de l’innovation au début du XX° siècle, caractérisée par le travail de Tony GARNIER et de la réflexion critique de l’Atelier Tony GARNIER, à l’orée du passage de la ville a l’urbain et de la prolifération des territoires habités, des années 60.

La gestion de la fondation, sur les conseils de André GUTTON, a été confiée à l’Académie d’Architecture.

Le Prix d’urbanisme et d’architecture urbaine attribue chaque année, sans interruption depuis 1984, un titre de grande renommée à un jeune professionnel ou à un groupement de professionnels, diplômés depuis moins de cinq ans d’un établissement d’enseignement de l’architecture et/ou d’un établissement d’enseignement de l’urbanisme. Il témoigne d’une volonté d’étudier une grande question urbaine d’actualité, à la convergence des savoirs et des compétences des deux disciplines de l’architecture et de l’urbanisme.

A l’instar des volontés exprimées par ses deux créateurs, Robert AUZELLE et André GUTTON, pour la structure d’enseignement de l’Atelier Tony GARNIER, le Prix perpétue l’examen et la promotion des meilleures orientations d’aménagement et d’urbanisme.

Les prestations effectuées par cette structure de recherche et statutairement fixées pour la candidature au Prix créé répondent à un triple enjeu :

  • Réflexion critique sur une grande question de l’époque actuelle pour le développement, l’aménagement ou le renouvellement urbain, éventuellement polémique.
  • Étude générale d’urbanisme, prospective et contextuelle d’un territoire urbain et des hypothèses de son évolution.
  • Élaboration d’un projet expérimental et/ou inducteur pour l’ ensemble et portant sur un secteur limité et pré-opérationnel.

A noter, à titre d’exemple, qu’aujourd’hui la question prédominante des appels à recherche urbaine est principalement relative aux orientations de revitalisation des territoires, pour les petites villes, les cœurs de villes et la réutilisation des espaces urbains interstitiels ou délaissés d’ « entre-ville » et de péri-urbains .

Fidèle à la vocation prospective du Séminaire et Atelier d’urbanisme Tony GARNIER, le Prix actuel privilégie les sujets d’études qui traitent de problématiques qui deviendront les questions d’actualité dis ans plus tard. Il tente de préfigurer les débats et les missions qui feront la matière opérationnelle, par anticipation.

Ainsi, comme dans les années 1960-1970 pour les trois principaux sujets de la rénovation urbaine, du grand Paris et des mobilités, en est-il des thèmes récemment plaidés de la consommation des espaces péri­urbains, du développement du tourisme urbain de masse, de la nature urbaine de l’entre ville, de la reconversion des friches ferroviaires et portuaires, de la question foncière urbaine.

Les sujets étudiés par les candidats permettent de faire émerger l’importance et l’urgence de réflexions d’ordre économique, sociétal ou environnemental; ils contribuent à faire connaître les courants de pensée progressistes et novateurs en matière d’étude urbaine; ils utilisent parfois une méthodologie de recherche de type idéal, voire utopique, à la manière des premières études de Tony GARNIER lui-même.

En quoi Tony GARNIER peut-il être considéré comme un précurseur et même un idéologue de l’urbanisme, à une époque où la discipline exis­tait peu, si ce n’est pour les grands tracés d’extension (le plan de Saint-Pétersbourg par exemple, les projets du major LENFANT à Washington, d’Ildefonse CERDA à Barcelone, … ) et où le terme même n’était pas encore utilisé.

Né à Lyon, Tony GARNIER (1869 – 1948) est principalement connu mondialement comme l’auteur et le réalisateur du quartier des États-Unis, au sud-est du centre-ville de Lyon, projeté en 1919, première œuvre urbaine d’îlotage ouvert et véritable modèle d’écoquartier doté de tous les services communautaires, de tous les aménagements des espaces bâtis, collectifs et publics.

Mais sa notoriété comme penseur de la cité moderne provient surtout du projet de la « Cité Industrielle » (sur le site péri-urbain de Givors), ville idéale dense, partagée et de mixité fonctionnelle et sociale, qu’il mit au point à partir de 1900, lors de son séjour à la Villa Médicis, pour répondre à l’obligation de recherches complé­mentaires des traditionnels envois de quatre années à Rome.

Deux projets volontairement opposés ; l’un réel, opérationnel et évolu­tif et l’autre, théorique et fini ; tous deux critiques en-soi de l’idéologie fonctionnaliste et ségrégationniste qui allait devenir le credo du mouvement moderne (Van ESTEREN 1928, « du passé faisons table rase ») et, plus tard de la Charte d’Athènes.

A notre époque contemporaine, qui a tendance à oublier la nécessité politique de la réflexion et de la pré-vision sur les grandes ques­tions de société et d’habitat de la ville, il est plus qu’indispensable de continuer et de promouvoir les recherches et l’étude prospec­tive préalablement à la production.

Aujourd’hui le Jury, qui évalue les thèmes d’études et les projets élaborés progressivement au cours de trois phases successives d’entre­tiens, est composé de dix membres. Ils sont répartis paritairement en trois catégories : urbanistes, architectes, enseignants et personnali­tés, auxquels est joint le lauréat de l’année précédente.

Parmi les illustres membres prédécesseurs de ce Jury on peut rappeler les noms de: André GUTTON, président fondateur, Paul LA MACHE, président de l’Académie d’architecture, Charles DELFANTE, urbaniste de la Ville de Lyon, Jean FREBAULT, directeur de l’aménagement et de l’urbanisme, Janine ROBERT-GARDENT, urbaniste et architecte, Jean DELLUS, Grand Prix national de l’urbanisme, Jean-François LEROUX-DHUYS, ancien maire de Bar sur Aube et maître d’ouvrage, Michel MAROT, architecte et profes­seur, Christian QUEFFELEC, architecte de la ville nouvelle de l’Isle d’Abeau, Max QUERRIEN, Conseiller d’Etat et ancien directeur de l’archi­tecture…

Les membres actuels du Jury sont :

Jean-Noël CARPENTIER, Maire de Montigny les Cormeilles, ancien Député
Natalia IZARET-TIMANTSEVA, Urbaniste, Docteur en architecture
Charles LAMBERT, Urbaniste, Président d’honneur du Conseil européen de 1’urbanisme
Francis LE DORE, Ingénieur général des Ponts et Chaussées
Wladimir MITROFANOFF, Architecte et enseignant
Emmanuel REDOUTEY, Docteur en urbanisme, Architecte, enseignant IUP
Jean-Claude RIGUET, Architecte et enseignant
Rodo TISNADO, Architecte et enseignant
Bertrand DE TOURTIER, Urbaniste, Architecte, Professeur ENSA et IAU
Bertrand WARNIER, Architecte, Président des Ateliers internationaux de maîtrise d’œuvre
Le lauréat du Prix précédent

On trouvera à la suite de ce texte la liste des lauréats et des sujets des Prix attribués pour la période des années 1984-2020.

Bertrand DE TOURTIER
Président du Jury Fondation Prix Tony Garnier

LISTE DES PRIX DE 1984 à 2019

PRIX TONY GARNIER 1984
Bernard PEYRICHOU

PRIX TONY GARNIER 1985
Olivier JUREDIEU

PRIX TONY GARNIER 1986
non décerné

PRIX TONY GARNIER 1987
non décerné

PRIX TONY GARNIER 1988
PREMIER PRIX, Karim et Soraya MOKDAD
MENTIONS, Céline FAVREAU, Christophe BENTE

PRIX TONY GARNIER 1989
PREMIER PRIX, Florence HOUDY-CREPU
MENTION, Emmanuel PERETTI DE LA ROCCA

PRIX TONY GARNIER 1990
PREMIER PRIX, Abdel-Halim FAIDI
MENTIONS, José CALVERA, Thierry MAZELLIER, Martine GIROUSSE, Nathalie CURTET

PRIX TONY GARNIER 1991
PREMIER PRIX, Marilena KOSKINA
MENTION, Valérie GUILLE

PRIX TONY GARNIER 1992
Fabienne COMMESSIE et Hélène MORGADO
Marie BELLON DE CHASSY et Virginie BREGAL

PRIX TONY GARNIER 1993
PREMIER PRIX, Gilles SENSINI
MENTIONS Nathalie TARDAT et Luc MONSIGNY

PRIX TONY GARNIER 1994
PREMIER PRIX, Edouard MANINI
MENTION, Louise-Annabelle NOBLE

PRIX TONY GARNIER 1995
PREMIER PRIX, Céline GRIEU
MENTIONS Joël RUTTEN et Kriti SIDERAKIS

PRIX TONY GARNIER 1996
MENTION, Corinne MARTI
MENTIONS Fethi MEBROUK, Selim MALOUM, Eric THOMAS et Léticia MIGLIORE
MENTION, Frédéric LONDEIX

PRIX TONY GARNIER 1997
PREMIER PRIX, Eric YAÑEZ-THIRE Architecte ENSA Paris La Villette (UP 6)
Rénovation du centre ville de Caracas.
MENTION, Jérôme SOLARI
MENTION, Clément VERGELY

PRIX TONY GARNIER 1998
PREMIERS PRIX, Laetitia LESAGE, Laeticia MERIMEE, Guillaume BELLUS, Adrien HENOCQ et Stéphane ROUAULT
MENTION, Emmanuel REDOUTEY

PRIX TONY GARNIER 1999. Emmanuelle BLANC – École d’architecture Paris Tolbiac Entre Villeurbanne et Vaux en Velin

Révéler un territoire. La Grande Ile, à la confluence du canal de Jonage et de Méribel, et du Rhône.

PRIX TONY GARNIER – 2000. Daria HORSCH – Ecole d ‘ architecture Paris la Seine

Un quartier évolutif à Rome . Stratégie pour une planification interactive.

PRIX TONY GARNIER 2001. Matthias ARMENGAUD – Ecole d’architecture de Versailles

De Marseille à Port Saint Louis. Le site de Chateaurieuf les Martigues Quel traitement pour la ville territoire.

PRIX TONY GARNIER 2002. Blandine HOUSSAIS – Architecte DENSAIS Strasbourg

Saint Brieuc, le site de l’estuaire. Territoire entre deux eaux.

PRIX TONY GARNIER 2003. Julien ROUBY – Architecte DENSAIS Strasbourg

Direction Annonay. Reconversion d’une entrée de ville.

PRIX TONY GARNIER 2004. Magali VOLKWEIN – Architecte DENSAIS Strasbourg

Londres, rive Sud Une greffe urbaine entre ville et voie, voyage et ancrage. >>> voir

PRIX TONY GARNIER 2005. Gaëtan ENGASSER et Nikola RADOVANOVIC – Architectes DPLG, Paris la Villette

Paris, 12° arrondissement. Entre plate-forme SNCF et tissu parisien. Les franges de la mobilité, transformation des apparences.>>>voir

PRIX TONY GARNIER 2006. Odile SCHITTLY – Architecte DENSAIS Strasbourg

Revitalisation du centre ville d’Altkirch Une alternative à l’étalement urbain La place esplanade Xavier Jourdain. >>> voir

PRIX TONY GARNIER 2007. Haiying XIE et Bin LUO – Architectes DPLG Paris la Villette et Malaquais Paris.

Le quartier des Halles. Méandre entre ténèbre et clair.

PRIX TONY GARNIER 2008. Anne LIOGIER – Architecte DPLG ENSA Montpellier

Béziers. La colline Saint Jacques. Restructuration de l’îlot de l’ancien couvent des Capucins.

PRIX TONY GARNIER 2009. Halimatou MAMA et Soavouba TIEMTORE – Architectes D.E. ENSA Grenoble

Ouagadougou. Métropole africaine du 3ème millénaire. Du quartier spontané au projet de sol.

PRIX TONY GARNIER 2010. Prix non attribué.

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PRIX TONY GARNIER 2011. Wafa LAKELAK – Architecte Diplômée École Spéciale d’Architecture Alger.

Un port habité. Les nouvelles limites ville-port.

PRIX TONY GARNIER 2012. Natacha MANKOWSKI Architecte Dipl. Ecole Spéciale d’Architecture New York.

East River project. The Brooklyn Inlet. >>> voir

PRIX TONY GARNIER 2013. Marie Charlotte LEMOINE et Nans VORON – Architectes D.E. ENSA Paris Val de Seine

A Caen la mer. Entre Orne et Canal. Urbanisation adaptable de la presqu’île de Caen à Ouistreham. >>> voir

PRIX TONY GARNIER 2014. Céline CASSOURRET et Aude PINAULT – Architectes D.E. ENSA Nantes

Buenos Aires. La Gloria II. Un quartier spontané entre ville et pampa. >>> voir

PRIX TONY GARNIER 2015. MARION RHEIN – Architecte D.E. ENSA Paris Malaquais

Vitry sur Seine. La ville co-ordonnée. ZAC Rouget de l’Isle – Contre-projet. >>> voir

PRIX TONY GARNIER 2016. Prix partagé ex-aequo :

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  • Fanny GONZALEZ de QUIJANO. Quentin MORISE – Urbanistes diplômés de l’Institut d’Urbanisme de Grenoble. Metz. Frescaty. BA 128. L’Air(e) de Rien. >>> voir
  • Quentin MADIOT – Architecte D.E. ENSA Versailles. Grand Londres Nord. Tottenham. La Métropole productive. >>> voir
  • Clotilde MEDA – Architecte Dipl., Master Urbanisme INSA Strasbourg. Caen. Le Chemin Vert. Un quartier entre béton et bitume. >>> voir

PRIX TONY GARNIER 2017. Maxime GUERY – Architecte D.E. ENSA Nancy

Dijon. Lisière. Habiter et cultiver pour régénérer. >>> voir

PRIX TONY GARNIER 2018. Natalia IZARET-TIMANTSEVA – Urbaniste IUP. Architecte D.E. ENSA Paris la Villette. Docteur en Architecture de l’Institut de Moscou MARKHI

Paris. Mise en valeur touristique et patrimoniale de Montmartre. >>> voir

PRIX TONY GARNIER 2019. Prix non attribué. Mentions à : Ophélie LACHAUD et Laura SICOT – Architectes D.E. ENSA Paris Val de Seine. Grand Paris. Aulnay sous Bois. Une cité gastronomique. >>> voir Damien LAURENT – Architecte D.E. ENSA Clermont Ferrand. Gannat. Reliances tectoniques. >>> voir

PRIX TONY GARNIER 2020. Edouard CRANCEE, Dominique NAQUIN et Benjamin SONNETArchitectes ENSA Paris La Villette.

Etude urbaine sur la résilience des territoires industriels du Nord, Trith-Saint-Léger, Hauts-de-France. >>> voir